À Aire-sur-l'Adour, Potez poursuit son envolée Actualité18/11/2013 À AIRE-SUR-L'ADOUR, POTEZ POURSUIT SON ENVOLÉESud-Ouest

Le groupe Potez Aéronautique s’appuie sur son savoir-faire historique et une politique d’innovation et de formation en pointe pour développer une croissance exponentielle.

Roland Potez confirme : « Le secteur de l’aéronautique connaît une période faste tant en amplitude qu’en durée. » Après la crise de 2008 -2009, l’activité progresse à un rythme rarement connu, à rebours de la plupart des secteurs industriels. Dans les Landes, cela profite à Turbomeca dans le Sud, et à Potez installé à Aire-sur-l’Adour. Là, sur la route du Houga, plus de 350 personnes travaillent à la fabrication d’aérostructures pour plusieurs clients situés un peu partout dans le monde, dont Dassault Aviation en France.

« Nous construisons un ensemble de structures pour constituer le fuselage d’avions. On assemble ensuite les différentes parties à Biarritz, et à Blagnac. On ne le fait pas à l’échelle d’Airbus, mais notre savoir-faire, lié à notre histoire, est reconnu », poursuit le président de Potez Aéronautique, qui affiche un chiffre d’affaires de 32,3 millions d’euros en 2012 (en hausse de 22 % par rapport à 2011, de 61 % par rapport à 2010), et un carnet de commandes plein.

Aujourd’hui, Potez travaille, à peu près à proportion égale, pour trois principaux clients : Dassault, EADS-Airbus, et des avionneurs américains principalement axés sur l’aviation militaire.

Une réussite qui ne doit rien au hasard. Roland Potez n’est pas du genre flambeur. Ce chef d’entreprise, visionnaire et pragmatique, privilégie une politique d’investissement volontariste, qu’il présente autour de deux grands axes : « Rehausser notre offre pour pouvoir intégrer nos prestations de conception à celles de la réalisation grâce à un bureau d’études qui prend en charge la réalisation en amont, et élargir notre périmètre d’intervention en prônant l’excellence industrielle. Nous sommes très actifs pour développer l’investissement sur l’innovation et sur la formation. »

Centre de formation

Potez Aéronautique dispose ainsi de son propre centre de formation agréé pour recruter du personnel en interne. « Ce n’est pas simple, confie Roland Potez. Nous subissons des difficultés pour recruter, même s’il s’agit de formations à de beaux métiers aux débouchés assurés. Notre pays connaît un certain nombre de freins qui ne favorisent pas le développement de l’industrie. Notre système éducatif a totalement abandonné notre branche industrielle. »

Cette année, une vingtaine de personnes sont en formation, et sortiront avec un diplôme. « Il faut investir là-dessus, sinon, nous ne serons pas capables de répondre au marché », insiste le président de Potez Aéronautique.

Robotisation

Car si le secteur est florissant, il n’en demeure pas moins concurrentiel. « On espère avoir fait le bon choix en ne répondant pas au chant des sirènes de la délocalisation », prévient Roland Potez. Aujourd’hui, au-delà des concurrents français tels que Latécoère, Socata, ou Sogerma, britanniques et américains, la société aturine veille au système de fournisseurs « low cost », basés au Maroc, en Tunisie, ou au Mexique, qui bénéficient de coûts de main-d’œuvre et de fonctionnement bien moindres.

« Dans un monde aussi concurrentiel, on ne pourra pas éternellement accumuler tous les boulets, constate le patron de Potez. Exemple : depuis 1987, la taxe foncière a été multipliée par 26,4. Notre outil de production a été modernisé, développé pour s’adapter et être compétitif, mais la fiscalité constitue un vrai problème dans ce pays. » Autre difficulté : l’absence de haut débit. « Cela nuit à notre performance, et même à notre image quand on essaie de tenir des visioconférences avec nos clients américains. » Sans parler de la liaison routière par le Gers pour rallier l’aéroport de Toulouse-Blagnac.

Pas question pour autant de quitter le siège emblématique d’Aire. Pour continuer de se démarquer, Potez Aéronautique s’appuie sur son efficacité économique : « On travaille sur des solutions robotisées pour l’assemblage des structures. » Et son orientation vers la préservation de l’environnement : « Les solutions par voies chimiques sont sur la sellette, il faut trouver des éléments de substitution pour améliorer la qualité et préserver l’environnement », prévoit Roland Potez. Diversification, innovation, et exportation sont les maîtres mots pour maintenir le cap.